Formes idéales

Au début était le Verbe, Il dit « Aime Toi. », avec toute l'ambiguïté due au contexte. Il n'y avait que le vide pour accueillir cette parole. Le vide vibra du point blanc d'où avait jaillit la parole et se mit en branle. Il tournoya, ploya sous le charme de l'irruption du premier mot, et ce vide en mouvement fut appelé gelée primordiale, produit par le premier mot sur le vide. L'action du Verbe était donc mouvement. Il fallut que ce premier mot fasse la jonction avec la deuxième. Le « Toi » désignait l'Autre, l'altérité. Où pouvait-elle cette différence se situer ailleurs qu'à l'extérieur, à la périphérie du vide ? La gelée explosa pour obéir à l'articulation de la parole et faire la jonction entre les deux termes. En réaction à cet explosion primordiale, le vide central se contracta, forma un point de taille nulle et de compression absolue. Il est symbolisé par le point final à la parole première. Il explosa à son tour sous cette contrainte absolue, et quinze milliards d'années plus tard, cette singularité fut appelée Big-Bang, entraînant toute la cosmologie dans son sillage.

Ainsi se définit la nature de l'Histoire. Des éléments primordiaux qui lui ont donné naissance, nous avons l'histoire du Verbe, le cadre où cette histoire s'inscrivit, et la façon dont elle le construisit. Le vide par essence était vide. Le néant, rien, nada. Pas même un pet de lapin. Un lieu inexistant, sans histoire, éternel, existant avant et après la fin des temps, inconcevable, mais représentable en vidant quelque chose de tout ce qu'il peut être. Bien peinard, le vide initial existait sans avoir la moindre existence. Il ne fut révélé dans l'histoire que par l'action de la parole. La parole le désigna implicitement comme cadre et comme support. La parole ne pouvait exister que par une absence initiale totalement indéfinie, sans nature, indéfinissable, la quintessence du rien, un point inexistant au début de la phrase, un point blanc donc invisible. Un pur objet imaginaire inexistant et inconcevable, irreprésentable évoquable seulement par l'usage des mots. En mathématique, le point blanc n'est pas évoqué. Impossible d'en faire la trace.

Le point noir, tâche sur la feuille blanche, image du contraste entre ce qui est et ce qui n'est pas est représenté par zéro. Il acquiert par rapport au point blanc une représentation. Un point noir qui s'agrandit et que l'on vide à l'intérieur ressemblant comme deux gouttes d'eau à la lettre « O ». Une trace qui indique seulement que cette griffure est inexistante en tant qu'essence, circonscrite uniquement par le verbe qui en parle et la trace graphique qui l'indique, et qui la représente en l'agrandissant par la graphie d'un cercle. Le zéro est donc un pur artifice de la représentation, mais qui correspond à la représentation du vide, degré zéro de l'espace. On peut ainsi placer autant de vide que l'on veut dans un certain espace, cet espace restera toujours aussi vide. De même on peut additionner autant de zéro à un chiffre, on aura juste répété plusieurs fois l'opération 1 + 0 = 1

En remontant à l'ultime, on peut dessiner autant de points blancs sur une feuille blanche, on ne verra rien, et rien ne permettra de dénombrer le nombre de points blancs tracés sur une feuille blanche.  C'est absolument indéfinissable, et c'est à partir de cette base que nous pouvons complexifier notre modèle initial et décrire le monde qui nous entoure en tant qu'esprit humain.

Traduire, c'est effectuer l'opération de passer d'un système de représentation à un autre en conservant l'essence de la description, c'est à dire la représentation qu'une personne obtient dans sa vision des choses, des idées et des concepts. Arriver à parler du vide dans deux systèmes de représentation différents en conservant un sens commun que l'on peut écrire « rien=zéro » applicable à la notion de vide version physique, et également à un système de représentation mathématique qui permet la généralisation de ce concept à l'ensemble du monde physique. Nous avons alors à notre disposition le moyen qui nous permet de joindre des objets disparates quelconques par un lien relationnel direct. Il y a correspondance bi-univoque entre notre dire et l'objet du réel dont nous parlons. C'est l'explication à l'interrogation du pourquoi nous pouvons décrire le réel à partir de la Mathématique. Nous disposons ainsi du point d'ancrage de la passerelle qui lie la carte au territoire par un point de passage minimaliste irréductible. Plus inconcevable que le point blanc, cela ne peut. Plus inexistant que le point noir cela n'est. Point blanc puis point noir constituent la base de la géométrie, le point noir en se déplaçant linéairement dessine une droite. Et par dessus toute la géométrie se construit.

Moins que le vide n'existe pas. Car le vide n'est pas existant, c'est une qualité qu'il ne possède pas, il n'en dispose d'aucune, il ne peut être qu'habillé par un désir externe. Le vide n'est donc qu'une utilité introduite selon la nécessité de l'histoire, le déroulement de cette dernière lui prêtant une existence qu'il ne possède pas, et tout à la fin, le conteur révèle que ce que l'on a habillé et maquillé de milles artifices se trouvait investit d'une réalité dont l'essence était de n'être pas. Mais de ce fait, il constituait le vide initial assigné à jouer un rôle, celui de supporter la représentation.

Le scénario initial, la parole dans le vide se concrétisa par de la gelée, du vide en mouvement, le vide initial qui par nature si l'on peut dire était de rester vide, et toute la cosmologie ne constituait que la conséquence de la partie seconde de cette irruption.

Le vide en mouvement se cristallisa en gelée. Une spécificité étant ajoutée au vide, celui ci ne l'était plus. Le vide en mouvement par rapport au vide étant un nouvel état par rapport au degré zéro que représente le vide. La complexité venait de franchir sa première étape. La nature comptait le vide, ce qui était équivalent à zéro, et le vide en mouvement, la gelée du vide, ce qui permettait de définir un état nouveau, neuf, conséquence directe de l'irruption de la parole dans le néant. Il convient alors de définir et de reconnaître qu'à ce niveau les deux termes sont équivalents, le devenir du vide et de la gelée du vide. La gelée en s'expansant occupe un espace. Elle meuble le vide. En s'expansant, elle crée l'espace. L'espace que nous appréhendons en tant qu'humains, dans lequel nous vivons, est formé de la superposition du vide et de sa gelée. Pas facile à expliquer la cuisine primordiale. Celle qui conditionne la soupe dont nous sommes issus, Nous humains, descendons de cet instant primordial, conglomérat d'atomes issus des étoiles et de la part d'interrogation quand à notre origine. Nous nous inscrivons dans le droit fil de l'émergence du Verbe dans le vide. Nous en sommes la conséquence ultime dans le sens ou nous pouvons nous interroger quand à notre origine. Cela signifie que la boucle est complète, que nous arrivons à remonter jusqu'à notre point de départ, et que nous avons la faculté de comprendre et mettre en forme la boucle complète. Non pas que cela signifie que notre statut soit circulaire, ce qui impliquerait que nous compterions pour zéro, mais que nous avons à creuser du coté de la parole initiale pour conquérir notre identité.

La gelée en rotation forma un tore, car le centre de ce dernier est vide, simple anneau dont la demie peau externe tourna dans un sens, la peau interne dans l'autre de telle façon à l'ensemble soit de vitesse relative nulle, et lancée à la recherche de l'altérité externe forma un tube. Ce dernier se fragmenta en une infinité de petits tuyaux sous la secousse du Big-Bang qui cristallisèrent en un cristal à structure triédrique, formant ainsi l'espace.

Avant le début il y avait le silence de la parole s'exprimant dans le vide, il n'y avait que le désir du Verbe qui décida de parler, créant par sa puissance poétique le cadre de l'espace, formé du vide primordial et de sa forme gélifiée, et la violente réaction à la gelé en partance généra le Big-Bang.

Le mécanisme primordial est hors de portée de nos expériences physiques. Nous ne pouvons calculer avec un temps négatif, nous ne pouvons encore moins calculer avec un temps absent. La seule représentation ne peut alors que s'appuyer sur une logique formelle, qui permette de générer l'ensemble. C'est le scénario de notre Histoire à son tout début, d'où découle notre aventure dans l'espace temps et qui permet de comprendre le pourquoi, sans s'approfondir sur le comment. Seul le Verbe créateur peut confirmer ou infirmer la chose.

Avec la notion de vide absolument vide, on ne peut rien concevoir, ni support pour la lumière et les ondes électromagnétiques, rien qui puisse le mesurer et le définir, il faut pour calculer les distances introduire l'espace, introduire ce support, qui soit mesurable en unité de petits tubes de gelée mis bout à bout, et que l'ensemble de cette gelée puisse être la structure cristalline transmettant d'un point à un autre les diverses vibrations et ondes qui nous environnent.  La partie du vide en rotation acquiert une qualité qui par réaction à sa sollicitation permet d'introduire un coefficient de raideur qui autorise cette propagation. La résistance à la déformation de la gelée, donc du support de l'espace introduit le temps par la fréquence de résonance sous une contrainte donnée. Espace et temps sont donc liés par un rapport simple lié à la raideur de la gelée.



En empilant un ensemble de cube les uns sur les autres on peut définir un espace stable et défini. La figure de base est donc constitué de quatre segments de droites formant carré et répété quatre fois. Si l'on essaie de remplir l'espace avec trois segments seulement, on constatera qu'il y aura un vide dans la figure construite par empilement. L'espace ne pourra être totalement comblé qu'en jouant alors sur une variabilité de la taille des segments, certains devront être un peu plus grands que d'autres. Au lieu d'avoir des longueurs rigides, en jouant avec une petite déformation variable dans le temps, on peut considérer le modèle formé de triangles équilatéraux comme plus économe que le modèle formé à base de carré, de quatre à trois, à condition d'introduire une fréquence sur la longueur telle que le temps que l'on prenne la mesure, la longueur du segment soit à la bonne dimension. On introduit alors une erreur sur la mesure telle que si elle rentre dans les bornes fixées, elle soit considérée comme valable. Mais nous sommes alors passés d'une structure rigide à une structure suffisamment souple pour remplir l'espace et disposant d'une fréquence de base pour lui permettre par oscillation d'être considérée comme complète. Un simple petit défaut de géométrie introduit la possibilité de superposer à une fréquence d'autres fréquences, et de transmettre alors d'un bout à l'autre de la structure de l'espace n'importe quelle oscillation ou onde, donc d'énergie.



Pour parfaire le travail de représentation de cette Mythologie et relier les différents élements du puzzle qui constituent les d'images qui structurent notre perception du réel et notre cadre de vie intelectuel, j'ai comblé la surface vide par l'image de ce qu'elle est sensée représenter dans le réel. J'ai rajouté un trou noir sous le pied de l'ange, évidement il n'arrive pas à être l'aspirer, c'est un peu la symbolique du mal. Pour Adam, appuyé sur la matière, il la comprime, et la gravité déforme la structure les cellules qui la composent sont donc comprimées.
Le regard d'Adam se porte sur la structure, donc sur la matière, il ne voit pas Dieu. Il le suppose, c'est la raison de son bras alanguis. Dieu lui est plus franc et plus direct, il pointe et regarde, il voit Adam mais ne le touche pas. C'est donc l'espace qui sert de médium entre les deux parties en présence. C'est la distance qui fait joint et c'est là tout le paradoxe. Tout vibre, l'espace et la matière mais on ne le perçoit pas. Vincent Van Gogh a réussi a le rendre par la peinture. On peut le constater en regardant un champ de blé ployant sous le vent qui révèle le caractère roulant et vibrant du vent. Je ne peux donc pas me servir de sa peinture pour rajouter une structure gélifiée car on en voit déjà les effets. C'est par là que nous sommes saisis quand nous sommes en présence d'une toile de son oeuvre. Le plus important n'est pas visible, il est dans la recherche et l'imaginaire.



Les cellules tapissant le fond de l'oeil enregistrent l'intensité et la variation des ondes électromagnétiques visibles. Le cerveau peut alors composer une image. Nous croyons voir le réel, alors que ce n'est qu'une re-composition. Ce que nous pensons voir est noir, vide de lumière, les ondes électo-magnétiques ne sont que des phénomènes vibratoires de la structure gélifiée du vide, et cette dernière est par définition totalement transparente. C'est la raison pour laquelle invisible, elle n'a pu être découverte par des mesures physiques, il aurait fallut penser à priori qu'elle existât.

C'est pourquoi le noir entourant le Christ de Salvador Dali est un choix génial. Il est l'image même du vide, et participe à la dramatisation de la scène. Le Christ est dans un vide vide. Il est hors du réel, ressuscité, il appartient à l'Histoire, mais n'est plus inscrit dans notre monde qu'à la faveur de nos représentations. Et après cette oeuvre de Salvador Dali, qu'on le veuille ou non, l'image du Nazaréen est devenue immortelle. Nous savons que le mental des humains est fondée sur la lecture des images imaginaires. Il reste donc à intérioriser ce qui est du ressentis des artistes immenses qui au-delà de leur habileté et de leur rendu nous donnent à lire leur sensibilité et leur croyance intime. Il y a, il y a eu, et il y aura. C'est le Verbe qui règne sur les temps. Les canards aussi, je l'espère... ;-)